Nouvelles pièces.                131
qu'elle et ledit sieur Guérin, son second mari, ont eue de la personne et des biens de ladite demoiselle de Molière " ».
La fille de Molière était, dit-on, grande et bien faite, peu jolie mais très-spirituelle2. Nous avons au moins la preuve de cette der­nière assertion, car il a été prononcé par elle » ce mot si touchant et si fin qu'elle adressa un jour à un vieil ami de son père. Il l'avait rencontrée, alors qu'elle commençait à être une jeune fille, habillée comme une petite pensionnaire par les soins de sa mère, qui se rajeunissait ainsi en la rajeunissant : « Mais quel âge avez-vous donc, mon enfant"? lui demanda-t-il. — Chut ! Monsieur, j'ai quinze ans et demi, mais ne le dites pas à ma mère ! »
On pense que tout enfant elle monta sur
1.   Eud. Soulie : Recherches sur Molière, p. 306.
2.   Taschereau : Hist, de Molière, p. 48.